Rendre à l'homme le droit de rêver ainsi!
Si l'art est seulement une question de conscience intellectualiste, alors est exposé au Palais de Tokyo un chef- d'oeuvre qui consiste en un seul mot : «ART ?». Ce chef-d'oeuvre «hyperactuel-malin» est en même temps l'émanation de l'opinion générale. Cette question «ART?» pose beaucoup de questions! Par exemple : l'art est il, comme prétendent les officiels, un flux engendrant la conscience mentale conceptuelle intellectualiste ?
...l'art ... représenté par ce seul mot «ART» ?: est-ce l'art vraiment ? Cet art-là ne serait-il pas seulement le reflet de notre temps conditionné par l'absurde raisonnement virtuel... l'unisson-raisonnement du vide, décision des pouvoirs spéculatifs, cancer de la raison... c'est a dire le «par défaut», le «par manque», le «par probabilité»... bref l'éternelle condamnation d'avance par contumace. Cette globalisation fabriquant ces camisoles de force enfermant l'esprit libre, l'enfer des contre-courants énergétiques. Résultat: le gouffre du principe de Peter, cette fausse intelligence mortelle qui parade dans toutes les places boursières comme dans tous les grands musées du monde. Ces simulacres de l'intelligence... ces simulacres de l'Art qui prennent toute la place et chassent les vraies idées et les vrais chef-d'oeuvres. Bersculoni... veut il privatiser les musées? mais n'est ce pas déjà fait depuis longtemps?
Heureusement - oh baume pour coeur, âme et esprit ! (n'ayons pas peur des mots !) voici la liberté!
Voici la peinture-peinture point de départ par excellence de l'exception culturelle française qu'un connard de PDG - ce faux félin fabricant de faillite économique modernistique - vient d'insulter disant que c'est un archaïsme franco-français mort.
La peinture française serait
morte?...ringarde?...
NON,NON et NON. Cet éternel mouvement, périodiquement (comme tout ce qui est salutaire!) expulsé par l'effet du souffle souffle des clairons du déclin, recommence toujours. En restant éternellement soi-même la peinture-peinture évolue continuellement.
Cet art est éternel parce qu'il est mystérieuse alchimie qui fait (re)naître tout le pouvoir du «temps de rêve» dans le coeur qui s'ouvre devant une toile... «s'ouvrir jusqu'à ce point qu'on sait lire l'oeuvre... la grande symbiose par laquelle on se trouve»...
Rendre à l'homme le droit de rêver ainsi! Toujours est-il que dans ces instants partout naissent les premiers signes de la renaissance de cette spiritualité laïque et libre qu'on vous a promis pour ce siècle et les siècles à venir.
Les premiers signes! Eh oui! sont très présent dans le Nord... en témoignent entre autres les toiles dans lesquelles s'est transsubstanciée la peinture-peinture (sous la forme) : de la peau-de-la-peinture suave sensuelle / de l'apparence du «conciliato» dans l'éternel clair-obscur / du mystère de la complémentarité, cette couleur-lueur apparitionnelle du penser-couleur / de la lumière vivante / de «la figuration autre» du non- figuratif / de cette dé-coagulation
cristalline de masse et de forme en plans-superposés de transparence diverse et... finalement dans cette peinture le figuralisme sincère....lyrique... non littéraire.
Fini la période de grande frustration de la culture de papa. Fini le pèse-nerf de la période technocratique.
Voici que commence l'ère dans laquelle l'homme retrouvera - en guise de contenu de l'oeuvre - cette grande ascèse de la pureté séculaire, l'empathie avec la nature, la synesthésie avec l'immensité et le dépassement de tout stade de forme-illusion. Voici enfin (et heureusement que dans le monde monétariste il existe des mécènes) que le visiteur est invité «à la recherche des valeurs vraies» par les toiles du peintre-peintre Vincent Vallois.
Et mon ami feu Jean Bazaine acceptera - avec un bienveillant sourire du haut de la peinture-ciel - le fait que ce Vincent plus jeune se «diversifie». En effet il montre deux sortes de peintures... mais en cela il a de grands prédécesseurs.
Serge Largot (peintre-peintre)
in catalogue "Vincent vallois, Peintures et dessins - Banque Populaire du Nord 2002