Vincent Vallois, né en 1959 à Lille dans une famille d'artistes, a été formé aux arts plastiques à l'École des Beaux-Arts de Tourcoing et à l'université de Lille III, avant de poursuivre ses études aux Arts décoratifs à Paris sous la direction de Robert Lapoujade. Les paysages et les cultures découverts au cours de ses voyages (Scandinavie, Japon, États-Unis, Italie, Antilles, Corse...) ont nourri son imaginaire et sa technique picturale. Cette curiosité s'imprime au cœur d'une œuvre qui, loin de se laisser enfermer, déjoue les étiquettes pour explorer sans cesse de nouveaux horizons. Ses toiles ont été présentées à Lille dans de nombreuses expositions à la galerie Storme, à la galerie Mischkind, à la galerie New Art City, à l'espace Edouard Pignon, au Frac de Lille... Il a exposé à Bruxelles (galerie ABC, Antenne du Conseil Régional Nord-Pas de Calais), à Paris (galerie Akié Arichi, Salon de Mai), au musée du Touquet, à la chapelle Saint-Michel en Avignon, au centre culturel d'Hazebroucq... Les collections de la bibliothèque d'Amiens, ainsi que des musées du Touquet et de Soisson possèdent plusieurs de ses œuvres.

Vincent Vallois définit ses expériences picturales comme une recherche d'adéquation entre les rythmes des éléments naturels, du corps (pulsations, pulsions, tensions, émotions) et les rythmes musicaux qui insufflent leur énergie au moment de la création. Cette énergie est sensible dans la composition P 21-07 où la surface picturale joue sur l'enchevêtrement rythmique entre le réseau des lignes sombres et les touches de couleurs vives. P 024-07 présente la même polarité entre la fulgurance de l'instant et le souffle continu du trait de pinceau qui réunit en même temps qu'il sépare et emprunte tantôt à la recherche d'équilibre de la calligraphie orientale, tantôt à la quête d'énergie brute du geste CoBrA. Ce travail, où l'on sent notamment l'intérêt pour des peintres comme Sam Francis ou Motherwell, pourrait être qualifié d'abstrait, et plus exactement d'abstraction lyrique, ce que nuance pourtant le peintre : « Mon travail récent pourrait passer pour « abstrait » au premier regard ; il n'en est rien. Même s'il est de plus en plus l'expression de mon intériorité, il est guidé, inspiré par les formes de la nature avant tout ». Narciso 2 révèle l'influence de son séjour à Rome : « [il] m'a posé le problème suivant : comment continuer mon travail inspiré par la nature dans une ville où dominent l'Histoire et le construit ? Où le naturel a été effacé, recouvert par tant de générations ? Le thème de Narcisse m'est venu en me plongeant dans la visite des musées où j'ai pu voir plusieurs interprétations de ce thème par les grands artistes italiens et dans la lecture des « Métamorphoses » d'Ovide. Mon intérêt pour la nature trouva ainsi sa place dans l'évocation des thèmes antiques et au travers de l'histoire romaine ».

François-Xavier Lavenne

In catalogue « Lille > Rome > Turin - tempo di vita »

Consulat d’Italie, Lille 2010